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Régie Publique de l’Eau : À quoi rime cette concertation ?

L’eau est un bien commun. Est-ce cela la question ? Elle ne doit donc pas être un objet de spéculation ou le jouet de plus-values économiques. Tout le monde en conviendra.

« Les citoyens sont consultés dans le cadre d’une votation citoyenne sur le retour en gestion publique de la distribution de l’eau » disent les documents de communication de la ville.

Dans les faits, 9 villes , dont Ivry, sont déjà sorties temporairement depuis le 1er janvier 2021 du Syndicat intercommunal des eaux d’Île-de-France (Sedif), en charge de cette gestion, qu’il délègue à Véolia par délégation de service public (DSP), pour étudier les choix de gestion s’offrant à eux, en vue de créer ensemble une régie publique pour le 1er janvier 2024.

Pourquoi alors consulter maintenant ?

Ce choix-là est déjà fait. Il nous faut maintenant pouvoir nous prononcer sur les options de gestion et les risques !

Quelques arguments sont listés dans le document de présentation de la ville, en soutien à cette hypothèse.

La concertation sur le devenir du Syctom n’a pas eu droit au même privilège, bien que les enjeux financiers, économiques, écologiques et sur la santé humaine soient au moins aussi importants…

Il s’agit de quitter une délégation de service public qui rapporte des milliards à Véolia, c’est tentant. De se réapproprier la gestion d’une ressource naturelle précieuse. De détenir la gestion et la détermination de la prestation et des prix, y compris avec prise en compte de facteurs écologiques et sociaux, politiquement c’est fondamental. L’avantage d’une régie publique se situe clairement au niveau de l’intérêt général. Personne ne le conteste, en tout cas à gauche.

Sur quoi doit-on se prononcer ? Sur le principe ? Sur l’idée ?


On veut que les citoyens se prononcent sur des vœux maintenant ? Mais le conseil municipal fait ça très bien à longueur de ses séances. Pour la paix, contre la faim dans le monde, pour les gentils, contre les méchants…

Mais enfin, de quoi parle-t-on ?

On parle du pouvoir d’achat des Ivryens. De leur accès à une ressource rare et vitale. De leur santé. N’aurait-il pas été utile de les prendre pour des citoyens éclairés et de leur apporter quelques informations plus concrètes ? Quels sont les risques ? Quels sont les coûts ?

Sur le papier, c’est préférable de gérer un service public en régie directe, pour en avoir la maîtrise, du processus de décision à sa mise en œuvre. Les gestions directes, pour ce qui concerne la distribution de l’eau potable, ont même souvent conduit à réduire les prix. Mais d’abord ils les ont augmenté, parfois sensiblement et plusieurs années, voire décennies. Les Ivryens sont-ils prêts à ces sacrifices ?

Il aurait été a minima honnête d’afficher ce risque !

Les Ivryens sont en train de mesurer ce que coûte la mise en place de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, sans baisse des impôts locaux alors que jusque-là ces coûts étaient bien absorbés par les impôts locaux, ils auraient donc dû en être déduits.

La reprise des infrastructures peut représenter un coût très important

La masse salariale, ne nous voilons pas la face, est supérieure en régie directe. Pour que les prix pour l’usager baissent, il faut une gestion efficace et efficiente, un mode de gestion adapté et pas dogmatique…

Vous voyez où le bât blesse ?

Dans une ville où les impôts sont parmi les plus élevés de France, sans aucun scrupule pour une population pourtant populaire et aux revenus moyens, pour un service souvent parmi les plus médiocres, cela doit a minima réduire l’enthousiasme et éveiller la vigilance.

Les locataires de l’OPH par exemple payent le prix de cette détermination de la ville à conserver coûte que coûte la maîtrise de l’attribution des logements sociaux, au détriment de l’équilibre financier de l’organisme qui est incapable d’assurer l’entretien et une maintenance correcte des appartements.

En bref, pour se prononcer, il faut avoir une idée de la taille et du périmètre du regroupement, des modes de gestion qui seront adoptés, des choix environnementaux et sociaux qui seront faits. Ce n’est donc ni le bon moment, ni la bonne manière.

Mais est-on réellement surpris que derrière le mot concertation, il n’y en ait en réalité pas. A quoi nous a-t-on habitué à Ivry ? Où sont les 1ères études ? Pourquoi ne nous donne-t-on pas ces éléments ?

Pour ma part, je suis pour par nature ; mais je ne participerai pas à cette consultation. Pas tant que je n’aurai pas les éléments qui me permettront de me positionner en conscience, en mesurant à court, moyen et long terme le bénéfice réel pour nos administrés, après prise en considération des risques et des coûts.

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