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Rue Mirabeau : Journée Propreté ou Journée saleté ?

Lundi 16 et mardi 17 mai, ” les agents municipaux du nettoiement feront un porte-à-porte rue Mirabeau pour recueillir votre avis sur la propreté de l’espace public”. En dehors de l’octroi d’heures payées en dehors des heures habituelles aux dits agents, quelle peut-être la raison de cette mobilisation exceptionnelle dans une ville déjà si propre?

 

La rue Mirabeau est un longue radiale venant de la porte de Vitry et prolongée par la rue Gabriel Péry puis le centre-ville. C’est une rue bien ancienne, un chemin à flanc de coteau qui a été corrigé au nord par la construction des fortifications de Paris puis du boulevard périphérique. C’est donc une rue bordée de petits immeubles faubouriens, et dont la partie nord a été annexée par Paris qui en a fait sa rue Pierre-Joseph Desault.

 

Le caractère faubourien peut expliquer certains désordres liés à la propreté. Les poubelles ne sont pas toujours simples à sortir et à utiliser, et les habitants ne s’emparent pas forcément de tout leur potentiel en préférant utiliser le si performant système de ramassage municipal des encombrants (rendez-vous sur un appel chanceux une semaine à l’avance). Les poubelles de rue ne sont pas toujours judicieusement disposées et entretenues: précisons techniquement qu’en l’absence de sac adéquat, la poubelle de rue non équipée nous ramène au premier cas.

 

L’urbanisme même peut également le justifier: beaucoup de façades, pourtant signalées au PLU, sont désespérément sales et grises; les services municipaux ne semblent pas exercer de police en matière de bâtiment (vestiges d’incendies ou de squats, cours défoncées sentant l’égout, commerces transformés en logements), la précarisation de l’habitat fait que la population manifeste moins d’intérêt à son quartier; un morceau de trottoir, signe d’une bien ancienne occupation humaine, reste même en terre battue. Et quand la mairie décide d’installer un stationnement pour vélos et motos, jusqu’au bidon de peinture reste sur place après les travaux.

 

L’annexion parisienne est, elle, plus factuelle au sens où une politique publique mal portée engendre un désordre manifeste. Rappelons que ce petit morceau de territoire parisien est en fait une rectification de la rue Mirabeau, bordé exclusivement par des habitations ivryiennes et un garage de véhicules de la Ville de Paris, sous le périphérique. Et qu’il est de fait le chemin matinal de beaucoup de travailleurs se rabattant vers la station de tramway. Du coup, la générosité parisienne en termes d’entretien est un peu plus modeste qu’ailleurs: la rue est toujours pavée (régal pour les cyclistes), le stationnement y est anarchique, la propreté encore moins fameuse. C’est un fameux coin à dépôts sauvages.

Pour remédier à cette anomalie d’une rue parisienne entièrement au service des banlieusards, différents conventions ont été signées. L’idée étant de permettre à Ivry de nettoyer un bout de territoire ne lui appartenant pas. Cet entre-deux restant théorique, ce bout pourrait remporter certainement la palme francilienne de la saleté.

 

 

Aller plus loin :

Journées propreté (Site de la ville d’Ivry Sur Seine)

CONVENTION DE COOPERATION ENTRE LA VILLE DE PARIS ET IVRY (PDF)

 

Article de Jerome P

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